La Sardaigne faisait partie de mes envies de voyage en Europe depuis longtemps. Cette île italienne à l’identité forte, à la nature sauvage et aux plages paradisiaques promettait un dépaysement total, sans traverser la planète. Pour ces vacances de Pâques, j’ai donc embarqué toute la famille pour un road-trip de 10 jours sur cette terre riche d’histoire et de paysages à couper le souffle. Voici le récit de notre séjour, entre traditions locales, étapes culturelles et parenthèses farniente.
Traversée depuis Toulon : cap sur Porto Torres
Pour rejoindre la Sardaigne, nous avons opté pour une traversée en bateau au départ de Toulon, direction Porto Torres, dans le nord-ouest de l’île. Le voyage de nuit en ferry a été une première expérience sympathique pour les enfants : cabines confortables, ambiance détendue, et l’excitation du départ vers l’inconnu. Porto Torres n’a pas été notre base, mais nous a offert une première impression de l’île : le parfum du maquis, les façades colorées, et déjà cette sensation de calme que l’on retrouvera partout en Sardaigne.
Simaxis, notre point de chute au cœur de l’île
Nous avons choisi de poser nos valises à Simaxis, un petit village situé dans la province d’Oristano, à l’ouest de l’île. Notre logement réservé via Airbnb était une charmante maison traditionnelle du Campidano, région de plaines agricoles. Le style rustique, les poutres apparentes et la cour intérieure fleurie nous ont tout de suite plongés dans l’ambiance locale. Simaxis est une excellente base pour explorer toute l’île, grâce à sa proximité immédiate avec la nationale qui traverse la Sardaigne du nord au sud. Le village lui-même est paisible, avec quelques commerces accessibles à pied, ce qui est bien pratique au quotidien.
Cagliari : ville animée et plage infinie
Notre première grande excursion a été consacrée à Cagliari, la capitale de la Sardaigne, située à environ une heure trente de route de Simaxis. Nous avons arpenté le quartier historique de Castello, perché sur une colline, avec ses ruelles étroites, ses bâtiments ocres et ses vues imprenables sur la mer. L’ambiance est à la fois méditerranéenne et typiquement italienne, avec une vraie douceur de vivre.
Nous avons ensuite roulé jusqu’à la Spiaggia del Poetto, l’une des plus longues plages d’Europe avec ses 8 km de sable clair. Ce jour-là, la météo était de notre côté, et nous avons profité d’un après-midi entre baignade pour les plus courageux, châteaux de sable et apéritif en terrasse dans un des nombreux kiosques qui bordent la mer.
Iglesias : histoire minière et charme ancien
Autre journée, autre ambiance : Iglesias, ville située au sud-ouest de l’île. Moins touristique que Cagliari, elle offre un visage plus authentique de la Sardaigne. Nous avons découvert son passé minier en flânant dans le centre historique et en visitant brièvement les vestiges de l’époque industrielle. Les ruelles pavées, les églises baroques, les balcons fleuris : Iglesias a ce charme un peu suranné qui séduit ceux qui aiment sortir des sentiers battus.
Bosa : perle colorée sur les rives du Temo
Bosa a été un véritable coup de cœur. Cette petite ville située sur les rives du fleuve Temo, à l’ouest de la Sardaigne, est célèbre pour ses maisons aux façades pastel. L’ensemble offre un spectacle enchanteur, surtout lorsqu’on grimpe jusqu’au château de Serravalle pour admirer la vue. La Marina di Bosa, en contrebas, nous a permis de terminer la journée les pieds dans l’eau. L’ambiance y est paisible, presque hors du temps.
Sinis et San Salvatore : entre nature sauvage et westerns spaghetti
L’une des plus belles surprises de notre voyage a été la presqu’île de Sinis, connue pour ses plages sauvages, ses sites archéologiques (notamment Tharros) et ses paysages marins sublimes. Nous avons fait une petite randonnée le long du littoral, avec pour seul bruit le vent, les vagues et les cris des goélands. L’eau turquoise, les criques de sable fin et les falaises sculptées par le temps font de cet endroit un petit bijou naturel.
Sur le chemin du retour, arrêt à San Salvatore di Sinis, un village quasi désert hors saison qui a servi de décor à plusieurs westerns dans les années 1960. On se croirait presque au Far West, avec ses façades abandonnées, ses rues poussiéreuses et son silence total. Une parenthèse intrigante, entre cinéma et réalité.
Is Piscinas : la magie des dunes
Notre virée à la plage de Is Piscinas, dans la région de la Costa Verde, fut un autre moment fort. Cette plage est unique en Sardaigne, bordée de hautes dunes de sable doré qui rappellent celles du Sahara. Le contraste entre la mer cristalline, le sable chaud et les montagnes à l’horizon est saisissant. Peu fréquentée, elle dégage une atmosphère presque mystique, renforcée par les vestiges de l’activité minière que l’on devine ici et là.

Dorgali, Nuoro et la baie d’Orosei : un détour entre mer et montagne
Pour découvrir une autre facette de l’île, nous avons pris la route vers l’est, direction Dorgali, au pied des montagnes du Supramonte. La route en elle-même est un spectacle : virages en épingle, paysages escarpés, forêts de chênes lièges et petits villages perchés.
Avant d’arriver à Dorgali, nous avons fait une courte halte à Nuoro, ville culturelle connue pour ses musées et son attachement aux traditions sardes. Le centre-ville a du charme, mais c’est surtout l’ambiance montagnarde et un peu sauvage qui nous a marqués.
À Dorgali, nous avons ressenti le côté plus rude et authentique de la Sardaigne. Ce village n’est pas tourné vers le tourisme balnéaire, mais il est idéalement situé pour explorer la baie d’Orosei, l’un des joyaux naturels de l’île. En descendant vers la côte, on découvre un littoral spectaculaire, bordé de falaises calcaires et de criques aux eaux turquoise, accessibles en bateau ou par des sentiers de randonnée. Entre mer et montagne, cette région offre un contraste saisissant et une grande variété d’activités. L’accueil y est chaleureux, la gastronomie généreuse, et l’ambiance paisible invite à ralentir.
L’expérience culinaire : un sans faute
Impossible de parler de la Sardaigne sans évoquer sa cuisine. Chaque jour, nous avons déniché de petites trattorias ou agriturismi (fermes-auberges) proposant des plats locaux faits maison. Au menu : malloreddus (petites pâtes locales), porceddu (cochon de lait rôti), pecorino sarde, fregola aux fruits de mer, seadas (beignets au fromage et au miel)… Le tout à des prix très raisonnables, même pour une famille.
Les portions sont généreuses, les produits frais, et le service souvent très convivial. La Sardaigne est clairement une destination où l’on mange bien, sans se ruiner.

Un voyage à la fois simple, dépaysant et ressourçant
Ce que nous retiendrons surtout de cette escapade, c’est le rythme doux de la vie sarde, l’accueil sincère des habitants, la variété des paysages et l’absence de tourisme de masse, du moins à cette période de l’année. Voyager en Sardaigne pendant les vacances de Pâques est une excellente idée : températures agréables, hébergements disponibles, routes tranquilles.
Entre villages typiques, plages désertes, sites historiques et plaisirs gourmands, cette île italienne nous a offert une véritable parenthèse hors du temps. Un voyage équilibré, entre exploration et détente, culture et nature, que je recommande sans hésiter aux familles comme aux amateurs d’authenticité.
